LE GRAND CANON DE ST ANDRE DE CRETE est lu par partie aux Grandes Complies, les lundi, mardi, mercredi et jeudi de la première semaine de Carême, et intégralement le mercredi soir de la cinquième semaine.
Vous le trouverez ici dans sa version intégrale sans le découpage des 4 premiers jours du carême.
Traduction de Denis Guillaume.
JEUDI DU GRAND CANON
LE JEUDI MATIN A L'ORTHROS
Après le psaume 50, on commence à chanter le Canon, lentement et avec componction: à chaque tropaire, on fait trois métanies en disant comme refrain: Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.
Ode 1, t. 6
Le Seigneur est mon secours, ma protection, * c'est lui qui m'a sauvé, * il est mon Dieu, et je veux le glorifier, * le Dieu de mon père, et je l'exalterai, * car il s'est couvert de gloire.
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Par où commencerai-je, * quand je dois pleurer toutes les oeuvres de ma vie, * par quel exorde faut-il chanter mon deuil? * Dans ta bonté, ô Christ, accorde-moi * le pardon de mes péchés.
Allons, mon âme, entraîne ton corps * à glorifier le Créateur; * et désormais retrouve ta raison * pour offrir à Dieu * tes larmes de repentir.
En marchant loin de ta loi, j'ai imité* nos premiers parents * et comme Adam je fus dépouillé * de ta divine grâce et du royaume sans fin, * à cause de mon péché.
Hélas, ô ma pauvre âme, pourquoi * cette imitation de la première Eve? * Mauvais fut ton regard et, séduite amèrement, * tu as touché à l'arbre, tu as goûté le fruit * et l'amertume du péché.
A la place de l'Eve de jadis, * une Eve spirituelle surgit en moi: * et c'est une pensée de charnelle inclination, * retraçant les voluptés et sans cesse savourant * l'amertume du péché.
C'est justice, ô mon Sauveur, lors-qu'Adam * pour une seule transgression fut chassé du Paradis; * mais pour ma part, quel sera mon châtiment, * moi qui sans cesse ai rejeté * ton verbe vivifiant?
Sur les traces de Caïn j'ai marché, * j'ai choisi de devenir un meurtrier, * car ma pauvre âme, je l'ai conduite à la mort, * en vivant selon la chair, * dans la perversité de mes actions.
O Jésus, que n'ai-je pu suivre à mon tour * le chemin du juste Abel, * que n'ai-je offert des offrandes immaculées, * de saintes actions, des sacrifices d'oblation * par la pureté de ma vie?
Au créateur de l'univers, * comme Caïn, nous avons offert * nos viles actions, nos grossières oblations, * notre inutile vie, * et nous serons condamnés.
De la glaise, ô Créateur, tu m'as formé, * et tu as mis en moi * de la chair et des os, et le souffle de la vie; * Seigneur qui m'as créé, ô mon Juge et mon Sauveur, * ramène-moi vers toi.
Je confesse devant toi, Sauveur, * les péchés que j'ai commis: * tu vois les plaies de mon âme et de ma chair, * car je suis tombé sous les coups de l'ennemi * et le brigandage des pensées.
Sauveur, malgré mes fautes je sais bien * que tu es l'Ami des hommes: *tu frappes qui tu aimes, chaleureuse est ta pitié, * tu vois mes larmes et comme un père tu accours * au-devant du fils prodigue.
J'attends devant ta porte, Sauveur: * ne me rejette pas; * dans ma vieilles-se, ne m'envoie pas en Enfer, * mais avant la fin accorde-moi, * Seigneur, le pardon de mes péchés.
Je suis le voyageur dépouillé* par le brigandage de mes pensées; * tout vulnéré, je ne suis que blessures; * ô Christ, viens me sauver * en guérissant mes plaies.
Un prêtre m'aperçoit, mais il passe son chemin, * un lévite voit mon deuil et méprise ma nudité; * mais toi, ô Jésus, qui es venu grâce à Marie, * tu m'apportes le secours.
Agneau de Dieu, qui ôtes le péché du monde, * allège mon fardeau, * libère-moi du carcan de mes fautes, * accorde-moi, dans ton amour, * le pardon de mes péchés.
En ce temps de pénitence, ô Créateur,* je viens vers toi: * délivre-moi du poids de mes fautes, * daigne m'accorder, en ton immense bonté, * le pardon de mes péchés.
Malgré tout ne me repousse pas * loin de ta face, ô mon Sauveur, * mais prends sur toi le lourd fardeau de mes fautes, * dans ta pitié, accorde-moi * le pardon de mes péchés.
Sauveur, daigne remettre et effacer * tous les péchés que j'ai commis * par routine ou de plein gré, * au grand jour ou en secret, * connus et inconnus: * ô Dieu, pardonne et sauve-moi.
Dès ma jeunesse, ô mon Sauveur, * j'ai méprisé tes commandements; * toute ma vie, sans souci je l'ai passée, * dans la paresse des passions; *
et c'est pourquoi je te crie: Sauve-moi, ô mon Sauveur, * avant le terme de ma vie.
Follement j'ai dépensé pour mon plaisir * les richesses de mon âme; * privé de tout, affamé de vertu, * vers toi je crie, ô Père très-bon: * Aie pitié de moi.
Devant toi je me prosterne, ô Jésus, * j'ai péché contre toi, * pardonne-moi et rejette loin de moi * le joug de mes péchés * et donne-moi, dans ta bonté,* les larmes du repentir.
En justice ne me cite pas, * me rappelant au devoir, * scrutant mes actions et redressant mes torts, * mais, dans ta pitié, ferme les yeux sur mes forfaits * et sauve-moi, Dieu tout-puissant.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Puisant à la divine prévenance, * d'en haut fais-moi la grâce * de ta lumière pour éclairer * les ténèbres de mes passions * et pour chanter allégrement, ô Marie, ta sainte vie * dans l'excellence des vertus.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Pour te soumettre à ses divins préceptes, * tu as suivi le Christ, * dominant très sagement * l'élan de tes passions * et plus que toutes pratiquant * les plus hautes vertus.
Saint André de Crête, intercède pour nous.
Par ton intercession, saint André, * garde-nous de nos passions; * nous t'en prions, rends-nous dignes d'avoir part * au royaume du Christ, après t'avoir chanté, * pleins d'amour et pleins de foi.
Gloire : Céleste Trinité, je me prosterne * devant ton unique majesté; * de mes épaules soulève le fardeau * que fait peser sur moi le joug de mes péchés, * me donnant dans ta bonté * les larmes de la componction.
Maintenant : O Mère de Dieu, espérance et protection * de ceux qui te chantent, * allège le poids, le fardeau de mes péchés; * très-sainte Dame, accueille-moi * transformé par le repentir.
Ode 2
Ciel, écoute ma voix, * et je parlerai pour chanter le Christ: * ayant pris chair de la Vierge, * il est venu parmi nous.
Ciel, écoute ma voix, * terre, prête l'oreille à ma clameur: * Dieu me ramène vers lui, * et je veux le célébrer.
Seigneur, Dieu de tendresse, * tourne vers moi ton regard compatissant * et reçois de mes lèvres * la confession de mes péchés.
Plus que tout homme j'ai péché * contre toi seul, ô Seigneur; * mais pardonne, Dieu sauveur, * à l'œuvre de tes mains.
Elle gronde autour de moi, * la tempête des péchés: * comme à Pierre sur les flots, * Seigneur, donne-moi la main.
O Christ, je verse devant toi * les larmes de la Pécheresse: * dans ton amour, ô Sauveur, * prends pitié de moi.
Les plaisirs ont assombri * la grâce de mon âme: * et par eux tout mon esprit * à la glaise est retourné.
J'ai déchiré le bel habit, * celui que le Créateur * à l'origine m'a tissé, * et me voilà couvert de haillons.
J'ai revêtu les oripeaux * dont le serpent m'enveloppa; * j'ai suivi son conseil * et me voilà tout honteux.
A voir la beauté de l'arbre, * mon esprit s'est égaré: * désormais je suis nu * et la honte me fait rougir.
Sur mon dos ont labouré * les artisans d'iniquité, * prolongeant jusqu'à moi * le sillon de leur péché.
Par ma faute ayant perdu * ma beauté de créature * et ma première dignité, * je rougis d'être nu.
Le péché m'a revêtu * de fourrures et de peaux, * me dépouillant de l'habit * jadis donné par Dieu.
Je me suis couvert honteusement * comme de feuilles de figuier, * soulignant ainsi * les passions qui me dominent.
Sordide est mon habit, * honteusement souillé de sang * par le flot de ma vie * dissipée dans les plaisirs.
Dans la fange j'ai traîné * la tunique de ma chair, * maculant, ô mon Sauveur, * ton image et ressemblance.
Les passions m'ont dominé, * avec elles, la corruption, * et c'est pourquoi maintenant * m'opprime l'ennemi.
A la pauvreté j'ai préféré * les richesses et les voluptés de la vie, * et maintenant, ô mon Sauveur, * je ploie sous le péché.
J'ai paré l'idole de ma chair * de la robe bariolée * de mes impures pensées, * et maintenant je suis condamné.
Attentif uniquement * à l'extérieure beauté, * j'ai négligé l'intérieur * du temple façonné par Dieu.
A moi-même déguisant * la laideur de mes passions, * dans l'élan vers le plaisir, * de mon âme j'ai terni la beauté.
Sauveur, par mes passions * j'ai perdu ton image et sa beauté; * mais, comme la drachme d'autrefois, * tu l'as cherchée et retrouvée.
Comme la Pécheresse je te crie: * J'ai péché, contre toi seul j'ai péché; * comme la myrrhe autrefois, * reçois mes larmes, Dieu Sauveur.
Comme David, je suis tombé * dans le gouffre où je me suis embourbé; * mais comme lui, ô mon Sauveur, * dans les larmes purifie-moi.
Pareil au Publicain, je te crie: * Par-donne-moi, Sauveur, * car aucun des fils d'Adam * n'a péché comme moi.
Je n'ai pas la componction * ni les larmes du repentir; * tout cela, donne-le-moi, * mon Sauveur et mon Dieu.
Ne me ferme pas ta porte, * Seigneur, Seigneur, en ce moment, * mais daigne m'ouvrir celle du repentir.
Seigneur ami des hommes, * qui désires le salut de tous, * rappelle-moi, dans ta bonté, * et agrée mon repentir.
Prête l'oreille à mes soupirs, * au murmure de mon cœur, * reçois les larmes de mes yeux * et sauve-moi, Dieu Sauveur.
Théotokion : Vierge Mère de Dieu, * ô très-pure et seule digne de nos chants,* intercède constamment * pour que nous soyons sauvés.
**********
Regardez et voyez: * c'est moi qui suis votre Dieu; * j'ai fait pleuvoir la manne, * jadis au désert pour mon peuple j'ai fait sourdre l'eau du rocher, * par ma seule main et la force de mon bras.
«Regardez et voyez: * c'est moi qui suis votre Dieu.» * Ecoute le Seigneur, ô mon âme, * détache-toi de l'antique perversion, * dans la crainte de ton Dieu * qui va siéger pour te juger.
A qui te comparer, ma pauvre âme, * à Caïn, le premier meurtrier,* ou bien à Lamech? * Car tu as lapidé ton corps et tué ton esprit * par tes méfaits et ton ardeur au péché.
O mon âme, si tu as égalé * tous ceux d'avant la Loi, * tu n'as certes
pas imité * ceux qui changèrent de vie, * tels que Seth, Enos, Enoch et Noé; * non, tu n'as pas suivi la justice de leur vie.
Tu as ouvert seulement * les cataractes de la colère de Dieu, * comme au temps du déluge * tu as laissé submerger * toute chair et les oeuvres de ta vie, * et tu n'es pas entrée dans l'arche du salut.
J'ai tué un homme pour une plaie, * un enfant pour une blessure, * disait Lamech en pleurant; * et toi, mon âme, tu ne trembles donc pas * d'avoir souillé ta chair et sali ton esprit.
Comment ai-je envié Lamech le meurtrier * en tuant mon esprit comme un homme * et mon âme comme un enfant? * Comme Caïn le meurtrier, * j'ai tué mon frère le corps, * dans l'élan de mes passions.
O mon âme, par tes désirs * tu as imaginé de construire une tour * et de fonder une ville fortifiée, * mais le créateur a bouleversé tes projets, * il a renversé tes constructions.
Je suis blessé, vulnéré, * voici que les traits de l'ennemi * ont transpercé mon âme et mon corps; * mes blessures et l'inflammation de mes plaies * attestent la violence de mes passions.
Le Seigneur, du haut du ciel, * jadis fit pleuvoir un déluge de feu * contre Sodome enflammée d'injustes désirs; * et toi, ô mon âme, tu attises la géhenne de feu * où tu vas descendre pour brûler.
Voyez et comprenez: * c'est moi qui suis votre Dieu, * celui qui scrute les cœurs et redresse les pensées, * qui manifeste les oeuvres et brûle les péchés, * et qui rend justice à l'orphelin, au faible et au petit.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Enfoncée dans l'abîme du péché, * tu étendis les mains, ô Marie, * vers la tendresse de Dieu * et, comme à Pierre, l'Ami des hommes * tendit sa main secourable, * car c'est ta conversion qu'il cherchait par-dessus tout.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
De toute l'ardeur de ton cœur * tu as couru à la suite du Christ, * quittant l'ancienne voie du péché * pour vivre dans la solitude du désert, * observant d'un cœur pur ses préceptes divins.
Saint André de Crête, intercède pour nous.
Voyons et contemplons * l'amour du divin Maître pour les hommes; avant la fin, prosternons-nous devant lui, * et dans les larmes crions: * Par les prières de saint André, Sauveur, aie pitié de nous.
Gloire : Eternelle Trinité, * indivisible Unité, * agrée mon repentir et sauve-moi, pécheur, * ne méprise pas l'oeuvre de tes mains, * garde-moi, délivre-moi des flammes du jugement.
Maintenant : Sainte Dame, Mère de Dieu, * espoir de ceux qui accourent vers toi, * havre qui nous sauves de la colère des flots, * implore ton Créateur et ton Fils * de nous faire grâce, par ton intercession.
Ode 3
Sur la pierre inébranlable * de tes commandements, * ô Christ, affermis ton Eglise. -
Sur la terre de Sodome * le Seigneur du haut du ciel * jadis fit pleuvoir un déluge de feu.
Sur la montagne comme Lot, * ô mon âme, sauve-toi, * cherchant refuge vers Ségor.
O mon âme, fuis le brasier, * fuis l'incendie de Sodome, * fuis le sinistre du feu divin.
Je le confesse, ô mon Sauveur: * sans mesure j'ai péché contre toi; * mais dans ta bonté efface mon péché.
Contre toi seul j'ai péché, * plus que tous j'ai failli: * Christ Sauveur, aie pitié de moi.
Tu es vraiment le Bon Pasteur, * viens à ma recherche, Seigneur, * ne méprise pas ta brebis perdue.
O Jésus, tu es la douceur de ma vie, * c'est toi qui m'as formé; * en toi, Sauveur, je serai justifié.
Sainte Trinité, ô Dieu, aie pitié de nous.
O divine et unique Trinité, * sauve-nous de l'errement, * des épreuves et de tout danger.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Réjouis-toi, ô Sein porteur de Dieu, * réjouis-toi, ô trône du Seigneur, * ré-jouis-toi, ô Mère de notre Vie.
**********
Seigneur, affermis mon coeur * sur la pierre de tes commandements, * pour qu'il ne chancelle pas, * car tu es le seul Saint et le seul Seigneur.
En toi est ma source de vie, * Triomphateur de la mort, * et de tout cœur je te crie avant la fin: * J'ai péché, pardonne-moi et sauve-moi.
Ceux qui vivaient du temps de Noé, * j'ai voulu les imiter, * méritant le même châtiment * dans le déluge qui les engloutit.
J'ai péché, Seigneur, contre toi, * j'ai péché, pardonne-moi: * parmi les hommes il n'est point de pécheur * que je n'aie surpassé par mes péchés.
O mon âme, le filial irrespect * de Cham, tu l'as imité, * car tu n'as pas couvert la honte du prochain * en te retirant, sans chercher à la voir.
La bénédiction de Sem, * pauvre âme, tu ne l'as point réalisée, * tu n'as pas hérité le vaste domaine de Japhet, * au pays de la rémission.
Sortant du pays d'Haran, * pauvre âme, quitte une terre de péché * pour le pays où coule l'immortalité, * celui qu'Abraham reçut en héritage.
O mon âme, tu l'as appris: * Abraham, quittant le pays de ses aïeux, * est devenu sur terre un étranger; * imite son exemple et sa résolution.
Sous le chêne de Mambré, * le Patriarche qui reçut les Anges chez lui, * malgré son âge avancé, * obtint l'objet de la promesse de Dieu.
O mon âme, tu connais * ce sacrifice nouveau,* l'holocauste spirituel * d'Isaac s'offrant au Seigneur. * efforce-toi d'imiter sa résolution.
O mon âme, tu l'as appris: * Ismaël, enfant de la servitude, fut chassé; * veille à ne pas servir les passions, * pour ne pas souffrir pareil bannissement.
Tu as imité la mère d'Ismaël, * Agar, l'Egyptienne de jadis, * te faisant l'esclave de ton désir * et te vantant de ce que tu as conçu.
O mon âme, tu connais l'échelle de Jacob, * qui de terre montait jusqu'aux cieux; * pourquoi ne pas gravir, toi aussi, * les degrés de la piété?
Du prêtre de Dieu et roi sans généalogie, * si conforme à l'image du Christ, * efforce-toi d'imiter * le passage en ce monde parmi les hommes.
Ne deviens pas une colonne de sel * en te retournant pour regarder en arrière; * crains pour toi-même l'exemple de Sodome * et sauve-toi en montant vers Ségor.
O mon âme, fuis, comme Lot, * devant le feu du péché, * loin de Sodome et de Gomorrhe * fuis l'incendie de tes mauvais penchants.
Pitié pour moi, Seigneur, pitié pour moi, * tel sera mon cri * lorsque tu viendras parmi les Anges saints * rendre selon ses oeuvres à chacun.
O Maître, ne rejette pas * la prière de ceux qui te chantent, * mais fais-leur grâce, dans ta bonté, * accordant aux fidèles la rémission de leurs péchés.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Je suis assailli par la tempête de mes péchés: * ô Mère, viens à mon secours * et conduis-moi jusqu'au port, * sur le chemin qui me ramène vers Dieu.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Ta prière d'intercession, * Mère vénérable, dirige-la maintenant * vers la tendresse de la Vierge immaculée, * m'ouvrant ainsi la porte qui mène vers Dieu.
Saint André de Crête, intercède pour nous.
Saint André, évêque de Crête, * par tes prières accorde-moi * la rémission de mes péchés; * de la pénitence, en effet, tu es le suprême initiateur.
Gloire : Trinité que nous chantons, * Dieu unique en trois personnes, * sauve-nous qui, dans la foi, * nous prosternons devant ta majesté.
Maintenant : Sans semence tu as conçu * le Fils du Père intemporel, * tu l'as mis au monde et dans le temps: * étrange merveille, Vierge et Mère de Dieu.
Seigneur, affermis mon cœur * sur la pierre de tes commandements, * pour qu'il ne chancelle pas, * car tu es le seul Saint et le seul Seigneur.
Cathisme, t. 8
Luminaires tout brillants de Dieu, Apôtres qui avez vu le Sauveur, * répandez votre éclat sur les ténèbres de notre vie, * afin que nous marchions dignement, comme en plein jour, * repoussant les nocturnes penchants sous l'éclat de la pureté, * pour contempler dans la joie la lumineuse Passion du Christ notre Dieu.
Gloire...
Apostolique Douzaine divinement choisie, * présente au Christ ton intercession, * pour que tous nous menions à bon terme le cours du jeûne, *accomplissant les préceptes dans la componction, * joyeux de pratiquer les vertus, * afin que nous méritions de voir le Christ notre Dieu * au jour de sa glorieuse et sainte Résurrection.
Maintenant...
Avec les Apôtres, ô Mère de Dieu, * implore celui que tu as enfanté de mer-veilleuse façon, * le Fils et Verbe de Dieu, celui que l'univers ne peut contenir, * afin qu'il donne au monde la véritable paix, * qu'il nous accorde avant la fin le pardon de nos péchés * et qu'il admette, en sa haute bonté, * tes serviteurs au royaume des cieux.
A la quatrième ode, qui est celle du jeudi, on chante d'abord, sans métanies, les compositions de Joseph et de Théodore pour Ie Triode (t.8), après quoi on reprend, avec les métanies habituelles, le chant du Grand Canon (ton 6).
Ode 4, t. 8
Seigneur, j'ai perçu * le mystère de ta venue, * sur tes œuvres j'ai médité * et j'ai glorifié ta divinité.
Saints Apôtres du Christ, intercédez pour nous.
Familiers du jeûne, * les illustres Apôtres du Christ * nous rendent, par leur intercession auprès de Dieu, * ce temps de l'abstinence plus facile à supporter.
Sur la lyre à douze cordes, * le chœur des Disciples divins * chante le cantique du salut * et brouille les mélodies de l'erreur.
Grâce aux ondées de l'Esprit, * vous avez arrosé le monde entier, * repoussant la sécheresse des faux-dieux, * saints Apôtres que nous disons bienheureux.
Théotokion : Par l'humilité sauve-moi, * car j'entretiens d'orgueilleuses pensées, * Vierge pure qui as enfanté * celui qui releva notre nature déchue.
**********
Seigneur, j'ai entendu ta voix, * et je suis rempli de crainte, * j'ai compris ton oeuvre de salut * et je glorifie ta puissance, Seigneur.
Saints Apôtres du Seigneur, * intercédez tous en chœur * auprès du Créateur de l'univers, * pour qu'il nous prenne, nous vos chantres, en pitié.
Apôtres du Christ * qui avez labouré le monde entier * pour y semer la parole de Dieu, * présentez-lui les fruits de votre labeur incessant.
Apôtres du Seigneur, vous êtes devenus pour le Christ bien-aimé * la vigne produisant le vin spirituel * jaillissant pour le monde entier.
Gloire : Trinité sainte et consubstantielle éternellement, * Père, Verbe et saint Esprit, * Dieu tout-puissant, Lumière et Vie, * sauvegarde les brebis de ton bercail.
Maintenant : Réjouis-toi, trône de feu, * réjouis-toi, chandelier de la divine Clarté, * réjouis-toi, montagne de sainteté, * arche d'alliance et tabernacle de Dieu.
t. 6
Le Prophète, Seigneur, * apprenant ta venue, * fut saisi de stupeur, * car tu as voulu naître d'une Vierge * et te montrer parmi les hommes, * et il dit: J'ai entendu ta voix * et je suis rempli de crainte, * gloire à ta puissance, Seigneur.
N 'abandonne pas l'œuvre de tes mains, * ne méprise pas ta créature, ô juste Juge, * bien que seul j'aie péché, plus que tout homme, Dieu clément; * mais il t'appartient, comme au Seigneur de l'univers, * de remettre les péchés.
La fin s'approche, ô mon âme, * elle approche et tu négliges de te préparer; * le temps presse, lève-toi, car le Juge est sur le seuil; * tel un songe ou une fleur, notre vie s'évanouit * et nous nous agitions en vain.
Réveille-toi, ô mon âme, * et songe aux actes de ta vie, * laisse couler tes larmes en méditant sur ton passé, * confesse au Christ tes actions, tes secrètes pensées, * et tu seras justifiée.
O Sauveur, il n'est en cette vie * nul péché, nul acte mauvais * que je n'aie commis en parole, en intention, * de propos délibéré, en pensées ou en actions, * plus que tout autre en aucun temps.
De là vient ma condamnation, * de là aussi le jugement * de ma propre conscience, que rien n'égale ici-bas. * Toi qui me sondes et me connais, Rédempteur, épargne-moi * et sauve aussi ton serviteur.
L'échelle qu'autrefois * le Patriarche contempla, * c'est l'ascétique montée, la mystique ascension: * ô mon âme, si tu veux les connaître toutes deux, * renouvelle ta vie.
Pour acquérir ses deux épouses, * le Patriarche supporta * la chaleur du jour, la froidure de la nuit, * dans le service et les combats, augmentant jour en jour, * par sa ruse, son troupeau.
Les deux épouses, ce sera * l'action et la contemplation; * Lia, c'est 1'action, car elle a beaucoup d'enfants, Rachel, la connaissance qui s'acquiert péniblement; * et toutes deux sont fruits du labeur.
O mon âme, éveille-toi * et combats comme Jacob * afin d'obtenir, a l'action, la connaissance * et la vie de Dieu, la radieuse contemplation cette perle de grand prix.
Jacob, en engendrant * les douze patriarches, * a dressé mystiquement l'échelle d'ascension, * disposant douze fils comme autant de degré pour la plus sage des montées.
Imitant le détestable Esaü, * ô mon âme, tu as vendu * au Trompeur droit d'aînesse de ta première beau et te voilà privée de paternelle bénédiction: * fais pénitence désormais.
Esaü fut surnommé Edom * pour violentes passions; * brûlant d'intempérance et souillé de volupté, * il appelé Edom, ce qui signifie l'embrassement * d'une âme éprise de péché
De Job tu as appris, * ô mon âme la soumission * avec laquelle, s'asseyant; sur la cendre, il fut justifié; * mais n'as pas imité son courage et sa fermeté; * la persévérance t'a fait défaut
Le voilà tout nu sur le fumier, qui naguère sur un trône était assis l'illustre père d'antan n'a plus de gîte ni d'enfants; * la cendre lui devient palais, et ses plaies lui tiennent lieu de précieux joyaux.
Naguère encore revêtu * des insignes; de la royauté, * portant la pourpre et le diadème, le Juste avait beaucoup de biens, * d'innombrables troupeaux, mais le voilà privé soudain * de toute sa splendeur.
Quand un juste comme Job, * irréprochable plus que tous, * n'a pas su se mettre en garde des atteintes du Malin, * pauvre âme pécheresse, comment feras-tu * quand le malheur fondra sur toi?
Mon corps et mon esprit * sont souillés et corrompus; * médecin des âmes, ô Christ, guéris mes plaies, * par la pénitence lave-moi * et, de la neige me donnant * la blancheur, purifie-moi.
Sur la croix, pour le salut de tous, * ô Verbe, tu donnas ton corps et ton sang: * ton corps pour recréer le mien, ton sang pour me laver; * à ton Père tu remis, ô Christ, ton esprit * pour me conduire jusqu'à lui.
Seigneur, tu opéras le salut * au milieu de la terre, pour nous sauver; * tu es monté sur la croix pour nous ouvrir le Paradis; * la création entière et les nations rachetées * se prosternent devant toi.
Que le sang et l'eau * jaillissant de ton côté * me soient un baptême et un breuvage rédempteur, * afin que, purifié doublement, je puise au calice et à l'onction * ton verbe vivifiant.
Du palais nuptial je suis banni, * loin des noces de l'Agneau; * ma lampe n'a plus d'huile et les portes sont fermées, * le Repas est consommé et je suis jeté dehors, * pieds et poings liés.
Sauveur, de ton côté vivifiant * comme d'une Coupe, l'Eglise a hérité * en un seul jet le double flot * de la connaissance et du pardon, * à l'image de celui qui unit les Testaments, * l'ancien et le nouveau.
Bref est le temps de ma vie, * plein de maux et de douleurs; * agrée mon repentir, en ta clarté rappelle-moi, * pour m'éviter de devenir la proie de l'ennemi; * Sauveur, aie pitié de moi.
Mon cœur est plein de vanité: * sans me juger, accorde cependant * au Pharisien que je suis * l'humilité du Publicain, * et que son lot soit le mien, par l'effet de ta bonté * et de tes justes jugements!
J'ai péché en profanant * le temple de mon corps, * mais agrée mon repentir, en ta clarté rappelle-moi, * pour m'éviter de devenir la proie de l'ennemi; * Sauveur, aie pitié de moi.
Je me suis fait ma propre idole, * souillant mon âme de passions, * mais agrée mon repentir, en ta clarté rappelle-moi, * pour m'éviter de devenir la proie de l'ennemi; * Sauveur, aie pitié de moi.
Au lieu de suivre ta voix, * j'ai transgressé les ordres de ta Loi; * agrée mon repentir, en ta clarté rappelle-moi, * pour m'éviter de devenir la proie de l'ennemi; * Sauveur, aie pitié de moi.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Vivant la vie des Anges dans la chair,* sainte Mère, tu as reçu de Dieu * la plus grande grâce, et tu peux intercéder * pour les fidèles qui t'honorent, et c'est pourquoi nous t'implorons: * par tes prières délivre-nous des tentations.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Tombée au fond du gouffre des péchés, * tu n'en es pas restée la proie;* mais, reprenant ton essor, par tes oeuvres tu t'élevas * jusqu'au sommet des vertus, provoquant, ô Marie, * l'admiration des Anges saints.
Saint André de Crête, intercède pour nous.
Gloire de nos Pères, ô saint André, *toi qui de la Crête es l'ornement, * ne manque pas de supplier * pour nous la sainte Trinité, * afin que de l'éternel châtiment * soient délivrés ceux qui invoquent ton secours.
Gloire: Je te confesse comme Dieu, unique Trinité, * sur le trône royal que partagent les trois personnes, * indivisibles par essence, inconfusibles cependant; * et des Anges retentit * par ma voix le triple chant.
Maintenant: O Vierge, tu as enfanté * et vierge tu es demeurée, * car ton sein virginal met au monde Celui * qui de la nature renouvelle les lois: * Dieu lui-même le veut ainsi.
Ode 5
La nuit, je veille devant toi, Seigneur ami des hommes, * je t'en prie, illumine-moi, * conduis-moi sur la route de tes commandements * et apprends-moi, Dieu Sauveur, à faire ta volonté.
Dans la nuit s'est écoulée ma vie: * ce fut l'obscurité, * le profond chaos, la nuit du péché; * Sauveur, éclaire-moi, * pour que je devienne un enfant de lumière.
En tout semblable à Ruben, * malheureux que je suis, * j'ai commis l'iniquité * au mépris du Dieu très-haut, * en offensant son amour paternel.
Je le confesse devant toi,, * Christ, ô mon Roi, j'ai péché; * j'ai péché comme les frères de Joseph, * qui jadis ont vendu * le fruit de sagesse et de pureté.
Par ses propres frères fut vendue * la vie du juste Joseph, * et l'aimable jeune homme en servitude fut réduit, * à l'image du Sauveur; * et toi, mon âme, tu t'es vendue au péché.
Suis la trace de Joseph, * pauvre âme réprouvée; * de son cœur imite la justice et la pureté, * au lieu de t'adonner au délire des passions, * qui t'éloignent de Dieu.
Si dans la fosse est descendu Joseph * jadis, ô Maître souverain, * ce fut à l'image * de ta Mise au Tombeau * et de ta sainte Résurrection.
O mon âme, tu connais * l'histoire de Moïse flottant dans son berceau * sur les eaux du fleuve comme une arche de salut, * fuyant l'amère exécution * du dessein de Pharaon.
De la sagesse, les sages femmes * devaient tuer tout mâle fruit; * ô mon âme, tu le sais; * et, comme Moïse autrefois, * suce le lait de la sagesse.
O mon âme, tu n'as pas frappé * l'Egyptien spirituel: * comme Moïse de-venu grand, * serais-tu capable d'habiter, * par ta pénitence, le désert des passions?
Moïse a habité le désert: * ô mon âme, suis la trace de sa vie * afin de contempler aussi * dans le buisson ardent * la divine apparition.
O mon âme, représente-toi * le bâton de Moïse frappant la mer * et figeant l'abîme des flots, * à l'image de la divine Croix * par laquelle, toi aussi, tu feras merveille.
Aaron offrait à Dieu * un feu pur et sans mélange, * tandis qu'Ophni et Phinées * lui présentaient comme toi, ô mon âme, l'impureté de leur vie.
Comme celui de Pharaon * mon cœur est endurci; * je suis semblable désormais à Jannès et Jambrès * par l'âme et par le corps, et le poids de mon esprit; * Seigneur, viens à mon aide.
Hélas, j'enfonce dans la boue: * ô mon Maître, lave-moi * dans le bain de mes larmes, * et comme neige fais briller * le vêtement de ma chair.
Pour peu que j'examine, Sauveur, * la qualité de mes actions, * plus que tout autre je me vois chargé d'iniquité, * car j'ai péché consciemment * et non par ignorance.
Seigneur, épargne l'ouvrage de tes mains: * j'ai péché, pardonne-moi, * car tu es le seul * dont la nature soit immaculée, * tu es le seul sans péché.
Pour me sauver, tu as couvert ta divinité * du manteau de mon humanité, * et tu as fait merveille en guérissant les lépreux, * redressant les paralytiques et faisant tarir un flux de sang * par la frange de ton vêtement.
Suis l'exemple de l'Hémorroïsse, * ô mon âme, approche pour toucher * le vêtement du Christ, qui te délivrera, * et tu l'entendras dire: * Courage, ta foi t'a sauvée.
Imitant la femme courbée, * ô mon âme, approche-toi * et prosterne-toi aux pieds de Jésus * pour qu'il te redresse et que tu puisses marcher droit * sur les chemins du Seigneur.
Seigneur, le puits est profond, * mais tu puises de ton sein * l'eau vive que je bois, * comme la Samaritaine, pour n'avoir plus jamais soif, * car tu m'abreuves au flot de ta vie.
Que mes larmes, Seigneur Dieu, * me deviennent la fontaine de Siloé, * pour que je puisse y laver les yeux de mon cœur * afin de contempler * ton éternelle clarté.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Lorsque, poussée par un amour sans égal, * tu as désiré te prosterner * devant l'Arbre de la vie, * tu as obtenu ce que tu désirais: * fais que j'obtienne aussi la gloire d'en-haut.
Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.
Ayant franchi les flots du Jourdain, * tu as trouvé le repos * en secouant le joug des chamelles voluptés; * veuille aussi nous délivrer, * ô Marie, par tes saintes prières.
Saint André de Crête, intercède pour nous.
Saint André, sage pasteur, * élu de Dieu, je t'invoque de tout cœur * et dans la crainte je te prie * de m'obtenir, par ton intercession, * le salut et l'éternelle vie.
Gloire: Nous te glorifions comme un seul Dieu, * trois fois sainte Trinité, * Père, Fils et saint Esprit, * consubstantielle Divinité, * sans cesse nous t'adorons.
Maintenant: De toi, ô Vierge immaculée, * sainte Mère de Dieu, * le divin Créateur des siècles éternels * prit notre chair pour s'unir intimement * à la nature des mortels.
